28/09/2012

MARC PETIT UNE HISTOIRE DE MASQUES....

MARC PETIT

UNE HISTOIRE DE MASQUES....

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EXTRACT FROM

THE TRIBAL ARTS

A

CROSS CULTURAL HERITAGE

NUMBER 

0

ethnoflorence.skynetblogs.be/archive/2012/09/07/the-tribal-arts-a-cross-cultural-heritage1.html

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J'ai commencé à collectionner des pièces d'art tribal -principalement des masques - fin 1979, à Paris, de retour d'Amérique indienne (Bolivie, Guatemala) où j'avais été touché par les gens et leurs productions.

le masque du chat - Copia.jpg

Apres avoir d'abord acquis dans le commerce parisien un certain nombre d'objets africains,  mais aussi indonésiens et d'autres provenances encore,

je suis tombé,

en janvier 1981, sur mon premier masque "primitif" himalayen. 

On ne savait rien à l'époque sur cette sorte d'objets, qui commençaient à peine à sortir. 

D'emblée, j'ai été saisi par la beauté et la force de ce masque et j'ai décidé presque aussitôt d'aller au Népal pour voir sur place ce qu'il en était et essayer de trouver moi-même là-bas des objets intéressants.

le  Vieux et la Vieille  - Copia.jpg

Ma défunte compagne Yvonne et moi sommes retournés une bonne douzaine de fois, de 1982 à 1993.

Par l'intermédiaire d'un marchand tibétain de Kathmandu, Dawa Gyaltsen, j'ai fait la connaissance d'Eric Chazot, et plus tard de Christian Lequindre ; j'ai acheté à l'un et à l'autre, devenus des amis, ainsi que, plus rarement, à quelques

antiquaires parisiens, dont Francine Burla, un certain nombre de masques, mais la plupart de mes acquisitions se sont   faites sur place, à Kathmandu, auprès des quelques marchands qui avaient l'œil : Dawa Gyaltsen, Tenzing, Rinchen, Karma Lama, Vishnu Ratnashahi, Hari Bista.

Je me suis progressivement consacré à rassembler essentiellement masques, statues et objets divers originaires du Népal  et des régions avoisinantes, de sorte que ma collection s'est trouvée centrée sur cet art jugé à l'époque marginal.

Il y avait très peu d'information sur de tels objets. 

J'ai été heureux de pouvoir écrire le premier livre qui leur fut consacré :

"A masque découvert, regards sur l'art primitif  de l'Himalaya"

chez Stock, en 1995.

MARC PETIT 1.jpg

Ce livre, couronné par la grand prix du livre d'art de la Société des Gens de Lettres, a fait  date dans l'histoire de la discipline. 

 C'est parmi les 120 masques présentés dans cet ouvrage que nous avons choici, Germain Viatte et moi, les 25 objets de ma donation au musée du quai Branly, effectuée en 2003, avant même  que le musée ne sorte de terre. 

Ces 25 masques

ont été présentés au Musée lors de l'exposition

"Dans le blanc des yeux"

en décembre 2010.

l.jpg

Je suis écrivain et non ethnologue, mais j'ai lu à peu près tout ce qui a pu être écrit, avant et après la parution de mon livre, sur le sujet. 

Mon approche est essentiellement esthétique, mais je m'intéresse aussi aux artistes inconnus et aux sociétés au sein desquelles ces œuvres ont été crées. 

Je pense avoir joué un rôle déterminant dans l'accès de ces œuvres à une pleine visibilité, en construisant l'appareil intellectuel et esthétique permettant de les appréhender et d'en saisir l'originalité.

Il a fallu du temps pour que les sceptiques et parfois même, les négateurs, finissent par reconnaître, non sans réticence parfois, l'existence ce cet art jusque-là tenu pour marginal, voire inexistant ! 

Art tribal qui avait le défaut

de n'être ni africain ni océanien, mais surtout celui de ne ressembler en rien aux productions classiques des arts tibétain, indien et chinois connus de longue date chez les amateurs d'antiquités asiatiques.

Quant aux ethnologues de terrain, aucun ne s'était intéressé à ces objets maintenus plus ou moins au secret dans les villages,  les familles et sans doute aussi, les chamanes en activité dans un nombre limité de lieux d'accès incertain si l'on ne connait pas l'origine précise de chaque objet, ce qui est encore très largement le cas, hic et nunc.

Masque, Himachal Pradesh - Copia.jpg

Masques de pantomime, masques de temples, masques figurant des ancêtres, masques d'usage chamanique (ce dernier point fait encore débat),  l'éventail est large en matière de fonctions (je préfère dire "d'usage"), mais les pistes sont embrouillées et souvent presque entièrement effacées, ces objets provenant d'époques anciennes, de sociétés qui ont évolué avec le temps en subissant l'influence de la culture dominante hindoue/bouddhique des castes supérieures en milieu "indo-népalais" et newar.

 La majorité des masques tribaux est à rattacher aux traditions  d'un ensemble d'ethnies de langues tibéto-birmanes - Magar, Tamang, Gurung, Raï, etc...- aux cultures et aux croyances marquées par le chamanisme, le culte des ancêtres et un animisme qui perçoit la nature comme une entité vivante peuplée de dieux, démons et autres créatures que nous appelons, nous Occidentaux, "surnaturelles", mais qui ne  le sont pas aux yeux des gens de ces ethnies.  

Les statues protectrices et votives sont, elles, majoritairement issues de l'ouest du Népal, peuplé à l'origine d'Hindous (les Khas) aux croyances particulières.

Ce que j'aime dans cet art du masque tribal himalayen : la simplicité, l'efficacité expressive, la force extraordinaire émanant des plus beaux objets. 

Et aussi le côté "art brut", détournement des formes naturelles, le regard visionnaire qui décrypte les propositions du hasard et invente un visage là où d'autres ne verraient qu'une bizarrerie de la matière.

Rien de décoratif, de "joli", d'accessoire ; une sorte de minimalisme en même temps prodigieusement inventif. Il n'y a rien, là, qui ne soit essentiel, qui ne porte le sens, dans un effet "coup de poing".

Différence avec les arts africains:

les sculpteurs, ici, sont rarement des professionnels, ce qui ne veut pas dire qu'ils ne s'inscrivent pas, eux aussi, dans un ensemble de traditions.

Il y a des masques "cubistes", à côté d'autres qui nous paraîtraient, à nous Occidentaux, "expressionnistes", voire "surréalistes" ; mais une spécificité de beaucoup de ces visages est leur caractère presque plan, sans beaucoup de relief quand on le regarde de profil.

Obtenir l'expression suppose alors un art très maitrisé des proportions,

un véritable sens graphique.

Ceux qui les ont créés savaient varier à l'infini les combinaisons de formes simples - trois trous, deux pour les yeux et un pour la bouche - en jouant sur les écarts, les distorsions, les décalages inattendus, qui font tout le charme de ces objets sauvages, loin des académismes qui rendent parfois ennuyeux les arts classiques et même, le classicisme des arts tribaux d'autres provenances.

J'aime aussi les arts africains - moins l'art de cour trop poli d'Afrique centrale -, surtout celui des Dogon, et aussi les masques de Timor, dont l'esthétique ressemble souvent à celle des masques népalais.

En tout, je me sens plus attiré par le sauvage, l'archaïque, plus que par le côté raffiné et précieux des objets de luxe. 

J'aime ce qui fait rêver, les expressions changeantes, alors que dans les arts classiques, un objet n'a qu'une expression, qui souvent devient grimace ou somnolence, cesse d'être vivant à mes yeux.

J'aime ce qui n'en finit pas de nous questionner, de nous mettre au défi, mais aussi, nous permet de participer par  l'imagination à la vie de l'objet - non plus un objet posé, mais pour nous presque une personne.

Dans ma vie, les masques népalais n'ont cessé de jouer un rôle décisif, puisque Chantal Detcherry, la femme dont je partage à présent la vie, est elle aussi voyageuse, écrivain et  collectionneuse. 

C'est d'ailleurs par l'entremise des masques - et de mon livre - que j'ai eu le bonheur de faire sa connaissance, ainsi que celle de son mari Philippe Vercaemer, aujourd'hui disparu. 

J'en déduis qu'en ce qui me concerne au moins, l'efficacité chamanique des masques tribaux himalayens est un fait attesté !

MARC PETIT

Plus de détails, de réflexions et aussi, d'informations dans mes divers écrits sur le sujet:

outre le livre cité, deux autres ouvrages, "Népal, Chamanisme et sculpture tribale" (existe aussi en anglais), écrit en collaboration avec Christian Lequindre (chez Infolio), et "La Statuaire archaïque de l'ouest du Népal" (galerie Renaud Vanuxem, Paris), ainsi que le numéro hors série de "Beaux-Arts Magazine" consacré à l'exposition "Dans le blanc des yeux".

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Text Courtesy of Marc Petit

All Rigths Reserved

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Commentaires

Faux visage, vraie passion, le masque himalayen est une source inépuisable d'inspiration. Il ne cessera de nous questionner, de nous obséder, de nous narguer. Nous aimons sa rébellion, son côté secret et excentrique. Il nous entraine dans son mouvement, ses intrigues, ses secrets, ses révélations, son exubérance. Il se dévoile lentement dans le partage du "regard" que nous portons sur lui, il excite notre désir et notre curiosité. mais sans cesse il s'échappe pour mieux nous séduire. Il est un hymne à la liberté de l'acte créatif.
Juste un petit bout de bois qui aspire à la vie !

Écrit par : eric chazot | 17/11/2012

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